Je sais qu’il est tard, mais je me suis juré de toujours être très fidèle à ce blog et de l’alimenter coûte que coûte, même si je devais payer en heures de sommeil. Anyway, j’ai besoin de penser à autre chose que la retouche avant d’aller au pieu…
En septembre 2004, j’arrive et je m’installe à Montréal.
En avril 2005, je vais aux bureaux de Juste pour rire (JPR) sur St-Laurent pour aller saluer de vieux amis. J’abouti au bureau du « big boss », je parle avec certaines personnes et à mon immense suprise, j’ai une entrevue de planifiée avec lui, le Gilbert Rozon, afin de présenter mon portefolio 2 semaines plus tard… Bah, voyez-vous, c’est que les gens de JPR cherchaient , à ce moment très précis dans le temps, un nouveau photographe pour couvrir le volet des Arts Urbains lors du Festival et que j’ai glissé à l’oreille de quelqu’un que j’étais photographe…
Il s’ensuit un branle-bas de combat affreux dans ma tête. J’ai pas de portefolio et il faut en assembler un en moins de 2 semaines pour le montrer à un monsieur qui ne faut surtout pas décevoir. Facile quand t’as plein de clichés qui traînent à gauche et à droite, sauf que moi, à cettte époque, j’ai rien de rien à lui montrer et encore moins de « shots » « live » de spectacles ou bien de reportages quelconques…
Peu importe, j’ai pris mon courage avec toutes mes mains puis j’ai foncé. J’ai multiplié les faux-reportages, les faux-shootings de vrais « shows » puis j’ai monté un book sur la thématique, comme ça, en l’espace de zéro temps. Un jour de mai 2005, je me suis pointé au bureau de M.Rozon avec plein d’assurance, mais vraiment pas beaucoup de photos. Il a feuilleté le livre. Je l’ai regardé faire. Il a hoché de la tête. J’ai hoché de la tête. Il a dit des choses. J’ai répondu des choses.
J’étais assis devant Gilbert Rozon, dans son fameux bureau-loft, comme si j’avais fait ça toute ma vie que de présenter des portefolios. En vérité, j’avais sûrement l’air d’un jeune freluquet étourdi avec un sacré culot. Mais je m’en foutais et j’avais compris que cette chance se devait d’être saisie. Finalement, avec son ton tranchant, il m’averti que j’étais engagé comme photographe de rue et que je pouvait aller m’entendre avec le département des communications sur ma nouvelle rétribution monétaire quotidienne et mon horaire de Festival… Je lui ai serré la main à ce monsieur comme si tout ça était plus que normal et que c’était la moindre des choses que je devais négocier sans plus tarder mon contrat.
Je suis sorti de là complètement assommé. J’étais très (trop) heureux, mais, moi, je voulais photographier les vedettes sur les scènes, pas les artistes dans la rue… Par contre, M.Rozon en avait décidé autrement. Et malgré tout, il avait jugé très clairement mes aptitudes et savait pertinemment, déjà à l’époque, où je devais me retrouver.
Cet été, je travaillerai sur mon 5ème Festival et je le remercie encore aujourd’hui de m’avoir expédié illico à la « rue »… Imaginez, 11 jours de suite, en plein été sur St-Denis, à faire de la photographie en extérieur et en situation de reportage. Aujourd’hui, mon travail relève beacoup plus de la pub, de la mode et du portrait, mais croyez-moi, ceci demeure tout de même un contrat de rêve pour le photographe que je suis!
Voici donc, ici, 2 images tirées de mon tout premier Festival JPR en juillet 2005. En vedette, la Compagnie Off est une des très grandes troupes européennes et leurs « opéras » urbains sont toujours fortement appréciés. Lors de ces grands déploiements, j’ai toujours un peu l’impression de vivre des mini-guerres où les nombreux et divers photographes se battent contre la foule et jouent du coude avec les types de la sécurité pour obtenir les meilleures images possibles. Pas facile de courir vite avec 2 appareils photo et des sacs partout sur le corps!

